Qu’est-ce que le livre?

Posted on 07/10/2010

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Depuis longtemps, le livre, média flexible et en perpétuelle mutation, couvre des champs multiples. Depuis quelques décennies, c’est aussi sa matière même qui est en mutation. Mais avant toute chose, le livre est oeuvre incorporelle, indépendante de son support, imprimé ou numérique.

L’histoire du livre est un chapelet d’innovations, techniques, sociales, humaines, qui ont permis d’améliorer la communication, de diffuser mais aussi de pérenniser le savoir et de dynamiser des pans entiers de l’économie locale, culturelle, nationale. C’est dire si le livre, en tant que média, est étroitement lié à l’histoire politique et économique, ainsi qu’à l’histoire des idées et des religions.

Dès lors se pose la question, avant même de savoir comment a évolué le livre au fil de l’histoire, de savoir ce qu’est le livre…

En tant qu’oeuvre, le livre est:

  1. l’inscription d’un discours à l’intention d’un public indéterminé, qui va se l’approprier. La référence au discours ne vise pas seulement la dimension textuelle de l’écriture. Dans une bande dessinée, un livre d’art, un livre scolaire ou un guide de voyage, le discours est largement porté par l’image, qui représente bien davantage que la simple illustration d’un texte écrit.

  2. Pour répondre aux critères d’une œuvre, un livre doit nécessairement se présenter comme achevé – même s’il n’a pas reçu de l’auteur sa forme définitive. Songeons cependant à des oeuvres telles que les Pensées de Pascal, à Bouvard et Pécuchet de Flaubert, ou encore L’Homme sans qualités de Musil, les écrits de Pessoa… Toutes ces oeuvres sont inachevées.

  3. une interface entre l’auteur du discours et son public produite à l’aide de techniques d’inscription. Cette interface permet de combler la distance qui sépare, dans l’espace et dans le temps, l’auteur du discours et ses lecteurs. Il s’agit soit d’un livre en papier, soit d’un livre électronique. Les techniques d’inscription vont de la copie manuelle à l’imprimé et de l’ouvrage papier numérisé à l’identique au fichier numérique né et diffusé sur Internet.

    Cette liaison entre l’auteur et ses lecteurs va aussi se faire par des formes de médiation précises et reconnues: la transmission de l’oeuvre via les ateliers monastiques, le colportage, la diffusion, les librairies, les foires et salons, les bibliothèques, la toile, … ; la conservation de l’oeuvre (dans les archives du libraire ou de l’éditeur, aux fins d’exploitation de l’œuvre, ou au dépôt légal, pour des raisons d’ordre administratif) ; la communication (la promotion du livre sous toutes ses formes : presse, émissions sur le livre, prix littéraires, lectures publiques…). Ces formes de médiation sont précises et reconnues dans la mesure où elles font l’objet de pratiques et normes arrêtées par les professionnels eux-mêmes.

  4. un produit de publication, publié selon un code, une forme, des modalités, des conditions d’appropriation particulières par les lecteurs. Ce code commun porte sur les métadonnées de l’ouvrage, qui changent selon les époques (nihil obstat, privilège royal, achevé d’imprimer, notice bibliographique). L’ISBN est un de ces codes.

Le Code Voynich, livre hors langage, sans titre, sans auteur

Le manuscrit de Voynich est un livre ancien écrit à l’aide d’un alphabet inconnu. SIl aurait été écrit entre 1450 et 1520. Et aurait été acquis par un certain Voynich en 1912. Le livre était alors déjà incomplet.

Une plume d’oie a été utilisée pour le texte et le contour des figures. Plusieurs couleurs ont été apposées sur les figures d’une manière parfois grossière. On pense que ces ajouts de peinture ont été faits après la rédaction du texte.

En 2009, le mystère de la nature exacte de ce manuscrit n’était toujours pas résolu, et les thèses les plus diverses s’affrontent encore. D’aucuns, comme Gordon Rugg, prétendent qu’il pourrait s’agir d’une supercherie1. Le livre tire son nom d’un de ses anciens propriétaires, Wilfrid M. Voynich, qui l’acquit en 1912 auprès des Jésuites de Frascati, une ville près de Rome.

Depuis 1969, le manuscrit est conservé à la Bibliothèque Beinecke de l’université Yale. L’intégralité du manuscrit a été publiée par Jean-Claude Gawsewitch, un éditeur français en octobre 2005.

Source : http://cleo.revues.org/144

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