Hypertexte et hypolecture

Posted on 17/11/2010

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Comme nous l’avons vu dans un précédent cours, à propos des 3 révolutions du livre, d’aucuns prétendent que l’hypertexte entraîne une hypolecture. Qu’en est-il?

Qu’est-ce que l’hypolecture?

Hypolecture désigne une lecture superficielle ou de qualité inférieure. Le terme est formé à partir du préfixe hypo qui signifie « au-dessous, en deçà » et qui s’oppose au préfixe hyper qui signifie « au-dessus, au delà » qu’on trouve dans hypertexte.

Prétendre que l’hypertexte conduira à l’hypolecture se fonde sur l’idée selon laquelle  Internet ne donne pas accès au savoir, ne délivre aucune connaissance en tant que tel. En fait, le média donne un accès à la connaissance. Comme le livre avant lui. Internet permet d’accéder à une gigantesque bibliothèque.

Ce qui va faire que ces données vont devenir une connaissance nécessite un apprentissage. Il s’agit donc de structurer sa pensée, d’exercer son esprit critique, de mettre les sources en perspective, et de structurer sa propre pensée nourrie par cette immense bibliothèque.

Qu’est-ce que lire?

D’où l’insistance avec laquelle je vous ai toujours invité à distinguer le média et le mode d’appréhension : le livre et la lecture, l’hypertexte et l’hyperlecture…

Lire, c’est se concentrer, c’est réfléchir et méditer. Ceci explique aussi qu’on utilise deux termes pour désigner le comportement de l’internaute : comme un fureteur, il balaie (scanne) la page Web, en quête d’information utile avant de passer en mode lecture profonde (deep reading). D’aucuns n’envisagent même pas que l’internaute atteigne, à un moment ou un autre ce stade (de lecture plus concentrée). Selon eux, l’état des techniques ne permet pas une lecture approfondie à l’écran. D’où ils dénoncent l’hypolecture à laquelle nous sommes contraints.

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