L’homme-foule ne fait plus attention

Posted on 03/12/2010

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Ce 3 décembre, nous avons analysé deux articles parus dans le magazine Philosophie de mars 2010:

  • La naissance de l’homme-foule, signé M. Eltchaninoff
  • Nous ne faisons plus attention, signé B. Stigler

Que nous dit « La naissance de l’homme-foule »?

L’auteur distingue 3 approches de la notion de foule, 3 âges à la notion de masse:

La foule en tant qu’entité, âme collective, peut, dans certaines circonstances, et seulement dans ces circonstances, présenter « des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui la compose » (Gustave Lebon). En d’autres mots, la foule peut incarner une sorte de personnage, de personnalité à part entière, qui dirige, commande et guide ses membres vers des actions qu’aucun membre isolé n’aurait oser commettre.

La masse et la solitude se conjuguent, a identifié Hanna Arendt. L’obéissance absolue à un système idéologique délirant entraînant une terreur et des meurtres à grande échelle réside das l’émergence de ce que la philosophe appelle les « masses atomisées ». L’individu totalitaire adhère d’autant plus facilement à une organisation de masse qu’il se sent délié des solidarités traditionnelles intermédiaires entre l’Etat et l’atome humain. « La terreur ne peut régner absolument que sur des hommes qui sont isolés les uns des autres » (Hannah Arendt, Le Système totalitaire).

La virtualisation des masses – L’individu n’a plus besoin d’être en foule, de sortir de chez lui pour adopter une attitude de type comportement de masse. Incarnant une nouvelle image de l’ermite, il est aussi autrement grégaire. Peu à peu, la télévision a détruit l’espace privé et les communautés les plus solides. Chacun est mobilisé dans ses pulsions de manière solitaire, mais tous ensemble, comme s’ils étaient physiquement réunis. Les pulsions solitaires se conjuguent avec les pulsions de la foule.

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