La foule, source de crowdsourcing

Posted on 10/12/2010

2


Le principe du crowdsourcing, qu’on pourrait traduire par “l’approvisionnement par la foule”, est simple: utiliser le temps disponible des gens pour créer du contenu, résoudre des problèmes, voire même faire de la R&D.

En 1996 déjà, Jeff Howe, auteur du blog Crowdsourcing et contributeur au magazine Wired, expliquait déjà par l’exemple au magazine Wired en quoi consistait le crowdsourcing et ses conséquences.

Le cas de iStockphoto

Claudia Menashe préparait une exposition photo pour le Musée national de la santé américain. iStockphoto, lui a permis d’exploiter les photos de centaines d’amateurs, à un dollar pièce, plutôt que celles de son photographe habituel, Mark Harmel.

“Pour le photographe professionnel, la leçon d’économie est claire : son travail n’est plus rare. Avec un ordinateur et une licence de Photoshop, n’importe quel enthousiaste peut créer des photographies rivalisant avec celles de professionnels. Ajoutez l’internet et les puissantes technologies de recherche, et partager ces images avec le monde entier devient enfantin.” commente Jeff Howe. Et le blogueur de remarquer que ce qui était un phénomène marginal il y a encore quelques années, cantonné au monde du logiciel open source ou de l’encyclopédie collaborative, est en train de conquérir l’attention du monde des affaires.

Après avoir cherché des travailleurs bon marché, par-delà les mers, voici que les entreprises sont en train de les trouver n’importe où, pourvu qu’ils soient connectés à un réseau. “Le travail n’est pas encore gratuit, mais il coûte beaucoup moins cher que de payer des salariés”.

Il poursuit avec l’exemple de InnoCentive, la version scientifique d’iStockphoto. Le concept a rapporté 25 000 dollars à Ed Melcarek, un scientifique de 57 ans en aidant la R&D de Colgate-Palmolive à trouver une nouvelle solution pour injecter de la poudre fluorée dans un tube de dentifrice.

Jeff Howe a ainsi formulé les 5 règles à la base du fonctionnement et de la réussite du concept de crowdsourcing:

  1. La foule est dispersée ;
  2. La foule a peu de temps à vous accorder ;
  3. La foule est pleine de spécialistes ;
  4. La foule produit la plupart du temps de la merde ;
  5. Mais elle sait aussi trouver la matière la plus appropriée.

Un seuil a donc été franchi: les entreprise ont remplacé la rémunération d’un salarié ou d’un professionnel indépendant par l’achat ponctuel d’un morceau de contenu ou d’une réponse, après recherche de ce qui est disponible sur le réseau.

Pour le photographe amateur ou l’expert qui répond le soir depuis chez lui, il s’agit d’argent de poche, toujours bienvenu, certes. Mais au fait : De quoi vit ledit photographe amateur ? Comment développer son expertise quand celle-ci n’est plus vraiment monnayable ? Quand toutes les compagnies auront économisé leurs budgets de production en payant des clopinettes l’expertise de professionnels dispersés ou les productions d’amateurs, comment ces experts-là seront-ils équitablement  rétribuer pour encore produire, réfléchir, créer, vivre…

Quand toutes les entreprises réduiront leurs coûts de recherche, de conception et d’invention en achetant l’innovation à bas prix et hors leur organisation, qui investira le temps nécessaire à la recherche, à l’essai-erreur, à la création ? Engager un professionnel, rémunérer quelqu’un pour la fonction qu’il occupe, c’est reconnaître la valeur travail, qui reste l’un des principes fondamentaux de l’entreprise.

 

 

Publicités