3 réflexions pour aider à penser Internet

Posted on 24/12/2010

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Les internautes vont bientôt comprendre que ce qui est pour eux un outil de liberté individuelle dépend en fait d’une lourde infrastructure technique, économique et cognitive, bien différente de l’état de liberté et d’autogestion présent dans leur imagination, prévient Dominique Wolton, en 2000, dans son ouvrage « Internet, et après? Une théorie critique des nouveaux médias. Et l’auteur de nous livrer 3 « outils » pour aider à penser Internet…

Le progrès technique aide les hommes à mieux se comprendre, mais l’évolution des médias (téléphone, radio, télévision, informatique) n’a pas empêché le 20e siècle de connaître les pires conflits. Seules les dimensions culturelles et sociales de la communication permettent de mesurer ce qui sépare l’exploit technique d’un réel progrès dans la communication.

  1. Il faut penser les anciens et les nouveaux médias ensemble, et non les opposer. Le plus important dans la communication concerne le contenu, et le rôle des différents médias dans une théorie de la communication. Internet et les médias classiques (presse écrite, radio, télévision) sont complémentaires, même s’ils n’ont pas la même logique.
  2. Ce qui fait la communication, ce ne sont pas les techniques, mais les hommes et les sociétés au travers de 2 autres dimensions : sociale et culturelle – de la communication. L’abondance de l’information et d’interactions ne suffit pas à créer de la communication. On peut être multibranché et désespérément seul. L’important est de s’interroger sur la manière dont, concrètement, les individus et les sociétés construisent leurs relations.
  3. Il faut, aujourd’hui, assurer les 2 types de communication qui existent: la communication individuelle (héritière de la tradition libérale et individualiste du 18e siècle) et la communication de masse (dans le cadre de la démocratie de masse lié à l’idéal socialiste du 19e siècle).

En un mot, comme le résume Dominique Wolton dans la préface de son ouvrage, le progrès technique dans la communication ne suffit pas à créer un progrès de la communication humaine et sociale.

 

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