Message, medium, milieu, médiation

Posted on 10/01/2011

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Dans notre étude des médias, plutôt que de se poser la question « Qui fait quoi à qui et par quel canal », nous allons réfléchir au que faire, comment, par où et sous quelles contraintes. En d’autres mots, nous allons faire un peu de « médiologie »…

La médiologie est une méthode. Elle vise à mettre en évidence les interactions entre technique et culture.

Plus qu’à l’étude des médias – ce en quoi elle se distingue des sciences de la communication -, elle s’intéresse aux médiations, c’est-à-dire aux moyens humains, techniques et institutionnels qui font que les idées deviennent de véritables « forces matérielles », aptes à mobiliser des hommes en leur nom.

Ainsi, il ne s’agit pas de se poser la question de savoir ce qu’il faut penser d’un média, mais ce que ce média fait penser aux autres. Plus encore, il faut voir en quoi le média fait penser pour faire faire.

Concrètement

Ce n’est pas des idéologies elles-mêmes que traite la médiologie mais de ce qui les rend possibles. Ainsi le médiologue s’intéresse-t-il notamment au support, un des véhicules matériels des idées, un de ceux qui est «peut-être ce qui se voit le moins et ce qui compte le plus».

Le premier objet d’étude d’un des fondateurs de la médiologie, Régis Debray, est l’expansion du christianisme.

En médiologue, Debray se demande comment une parole aussi simple (faite d’histoires et de paraboles) que celle du Christ a pu connaître une telle diffusion et donner lieu à une institution aussi stable et pérenne qu’est l’Eglise de Rome.

Il voit là une « victoire du sentiment sur la raison » qui dominerait alors le monde antique, doublée d’une victoire de l’oral sur l’écrit.

La forme impacte sur le fond

En d’autres mots, chaque média (medium) a des propriétés particulières: télévision, livre, affiche de cinéma, spot radio, … Chaque média suscite de nouvelles formalisations des idées sans que nous ne nous rendions compte de l’impact que la forme aura sur le fond. De sorte que lorsqu’un message est décliné sur plusieurs médias, qu’il devient un objet multimédia, il est intéressant de penser ces différents formalisations et de leur impact sur le fond du message. C’est cela, entre autres, que nous allons réfléchir.

A vous de jouer

« On se conduit en médiologue chaque fois qu’on tire au jour les corrélations unissant un corpus symbolique (une religion, une doctrine, un genre artistique, une discipline, etc.), une forme d’organisation collective (une église, un parti, une école, une académie) et un système technique de communication (saisie, archivage et circulation des traces). Ou, plus simplement, quand on met en ligne un dire, la façon de le dire et qui tient à le redire. » (http://www.mediologie.org)

Désormais, donc, on se posera la question, dans nos études de cas, de savoir

  1. quel est le message (que s’agit-il de penser, de faire)
  2. quel est le medium ( comment faut-il le faire)
  3. quel est le milieu (dans quel contexte)
  4. quelle est la médiation (sous quelles conditions/contraintes)

Au boulot ! 😉

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