WikiLeaks peut bien mourir, les fuites ne cesseront plus

Posted on 27/01/2011

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Souvenez-vous de Napster. En juillet 2001, un tribunal avait ordonné au site de bloquer l’accès aux fichiers musicaux protégés par les droits d’auteur. Pour autant, les internautes n’ont pas cessé d’échanger de la musique – et Napster s’est même transformé en service de téléchargement légal. De même, WikiLeaks peut bien mourir, les fuites n’en continueront pas moins.

Un concurrent existe déjà. Il s’agit de Cryptome, fondé en 1996 en tant qu’“activité amateur” à temps partiel, par John Young et Deborah Natsios, deux architectes new-yorkais ayant des sympathies libertaires.

Un nouveau site, dont on ignore encore le nom [il s’agirait du site OpenLeaks], sera lancé en Allemagne ce mois-ci par Daniel Domscheit-Berg, qui a quitté WikiLeaks à la suite d’un différend avec son fondateur, Julian Assange.

Source: Courrier International – Les fuites sont loin d’être colmatées

Les concurrents se démarquent sur le plan tant technologique que méthodologique. WikiLeaks recherche les dons. John Young paie de sa poche les 200 dollars de frais d’hébergement de son site. Daniel Domscheit-Berg n’a pas précisé le financement du sien, mais il a écrit un livre sur son passage chez WikiLeaks, qui promet d’être un succès de librairie.

Les deux sites feront preuve d’encore plus d’audace, semble-t-il. John Young, qui a d’ores et déjà mis en ligne plus de 58 000 fichiers, parmi lesquels des photographies interdites de soldats tués en Irak, rejette l’idée qu’en laissant les noms surles documents divulgués on met en danger des vies. A l’en croire, supprimer les noms, c’est, de la part des sites donneurs d’alerte, se donner trop d’importance. Le nouveau site allemand veut laisser aux auteurs des fuites la liberté de décider comment seront présentés leurs documents une fois publiés.

Si l’on se fie à l’histoire des échanges de fichiers, les concurrents vont se multiplier. Le logiciel BitTorrentpermet aux micro-ordinateurs de se connecter à un “essaim d’hébergeurs” [swarm], qui téléchargent de l’un à l’autre, sans autorité directrice. Cisco, un fabricant de matériel de réseau, estime que les échanges de données représentent désormais près de la moitié du trafic des particuliers sur Internet – preuve que les efforts fournis par les industries de la musique et du cinéma pour les combattre n’ont guère payé. Cet essaim-là peut faire très mal.

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