Pensons la médiologie

Posted on 11/03/2011

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La médiologie s’intéresse à l’homme qui transmet plus qu’à l’homme qui communique. Cette transmission ne repose pas que sur des moyens techniques. Les outils sociaux ont leur rôle. Quelques éléments de réflexion.

Tout d’abord, Debray dit « Et si le moindre système était une oeuvre d’art manquée? Et si le fait même de s’exprimer en général et sans sujet singulier, de s’adresser à tous, urbi et orbi, sans personne à la clef, ni lieu ni date, était le renoncement fuyant à l’œuvre qui aurait pu être, aurait pu naître si la théorie avant gardé « la force de s’astreindre à faire passer une impression par tous les états successifs qui aboutissent à sa fixation, à l’expression. » [Histoire des 4 M, R. Debray]

J’ai repêché les phrases suivantes dans deux articles sur la médiologie. Que pouvez-vous dire sur ces citations?

  • La médiologie s’intéresse à  » l’homme qui transmet  » (= qui transporte un message à travers le temps), plus qu’à  » l’homme qui communique « .
  • La transmission culturelle entre les hommes passe par des moyens techniques, mais ce ne sont pas seulement ces moyens techniques qui la rendent possible. Derrière ces moyens, il y a des institutions sociales. Exemple d’une bibliothèque : ce ne sont pas seulement des livres plus ou moins bien stockés, c’est l’outil que se donne une institution sociale (État, église, université, association…) pour se perpétuer dans la durée, créant de nouvelles vocations, de nouveaux écrivains. La bibliothèque en tant que lieu est le médium voyant, pas le moteur.  » Les décideurs qui programment et édifient des réseaux distributeurs d’information, de plus en plus complexes, sans se soucier des conditions préalables d’apprentissage et d’enseignement, sont victimes d’une pareille confusion. « 
  • Ce qui fonde l’humanité, c’est la capacité de l’homme à externaliser certaines de ses fonctions dans des objets qui durent plus longtemps que lui, permettant ainsi la transmission d’une culture, et l’accumulation des connaissances.
  • Avec l’explosion du numérique, on peut ainsi prévoir une  » babélisation accrue de l’espace social  » (plus de programme ou de textes largement dispensés à tous, mais des services interactifs adaptés à chacun), et l’affirmation d’un nouvel individualisme.
  • Si l’homme est l’animal qui a une histoire, la transmission non biologique, artificielle, de caractères acquis est l’autre nom de la culture humaine. Les animaux communiquent, ils ne transmettent pas (ils connaissent le message par signal, non l’héritage cumulatif des traces)
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